Après l’AG 2026 – Développer l’autonomie, renforcer les liens, agir ensemble

Le 17 juin dernier, à l’occasion de son Assemblée Générale, La Main Foncièrement culturelle a réuni celles et ceux qui la font vivre pour écrire ensemble la suite de son histoire. Adhérent.es, sociétaires et partenaires se sont retrouvé.es pour un temps d’échange et de réflexion collective autour de la feuille de route de la coopérative et des prochaines étapes de son développement.

Au-delà du bilan de l’année écoulée, ce rendez-vous a été un moment important pour réfléchir ensemble aux priorités qui doivent guider la suite de cette aventure collective. Il a témoigné d’une prise de conscience croissante autour des enjeux fonciers qui traversent aujourd’hui les lieux culturels : face aux tensions immobilières et à la fragilisation des espaces de création et de transmission, la maîtrise du foncier apparaît comme un levier essentiel pour préserver l’indépendance des projets culturels et comme un enjeu majeur des politiques culturelles à venir. Préserver des espaces culturels pérennes et accessibles ne relève plus seulement de la question immobilière, mais bien d’une réflexion sur les conditions matérielles permettant aux projets artistiques et culturels de se développer dans la durée.

Au-delà de la question foncière elle-même, ces échanges ont mis en lumière la nécessité de repenser les formes de coopération et la capacité des acteurs culturels à construire des communs au service de l’intérêt collectif. Ils confirment le rôle que La Main peut jouer dans l’émergence d’une nouvelle communauté d’acteurs engagés autour de ces enjeux, une communauté qui grandit progressivement et qui rassemble des sociétaires et partenaires qui souhaitent agir ensemble pour transformer les manières d’habiter, de financer et de transmettre les espaces culturels.

Un atelier participatif a ensuite été mené avec pour objectif de croiser les regards et d’identifier ce qui, selon chaque sociétaire présent, représentait le plus de valeur pour la coopérative et ses adhérent.es, ce qui est essentiel à renforcer et enfin ce qui peut avoir le plus d’impact demain.

Trois grands enseignements se sont ainsi dégagés : la nécessité de renforcer les ressources partagées au sein de la coopérative, l’importance des accompagnements pour préparer et acculturer les équipes aux processus d’acquisition ou de bail emphytéotique, et pour renforcer la crédibilité de leurs propositions, la volonté de mieux faire circuler les connaissances et les capacités d’agir entre sociétaires, ainsi que le rôle majeur que La Main peut jouer pour porter un plaidoyer collectif en faveur des lieux culturels.

Le partage des expériences et la coopération au cœur du projet

Les échanges ont rapidement pointé l’idée que la valeur et la force de la coopérative reposent avant tout sur sa capacité à créer du commun, à faire circuler les expériences et les connaissances et à renforcer le lien entre les adhérent.es. 

A ce titre, l’importance de réussir à capter les énergies et compétences aux endroits où elles sont présentes au sein de dans la coopérative, mais aussi de mieux partager et organiser ces ressources, a été mise en lumière, afin que l’ensemble des savoir-faire des sociétaires puissent davantage bénéficier au collectif.

Plusieurs besoins ont été identifiés :

  • développer les processus et la méthodologie afin de structurer la mise en commun des connaissances, notamment autour des enjeux fonciers ; 
  • créer une plateforme, un centre de ressources dynamique qui permette de capitaliser nos expériences et de partager des outils au service de la connaissance commune ;
  • renforcer les espaces d’échange et de transmission : par exemple autour de formations, de rencontres, de cafés en ligne ou matinales, et de l’accueil des nouveaux membres.

Continuer à accompagner les lieux pour renforcer leur autonomie

Les échanges ont également rappelé l’importance du rôle d’accompagnement porté par La Main auprès des lieux. À travers des missions DLA ou des accompagnements directs, la coopérative apporte son expertise sur les enjeux fonciers et d’acquisition : montage juridique et financier, structuration de la gouvernance, enjeux liés au bâtiment ou encore questions d’usage et d’appropriation des lieux et des territoires.

Cet accompagnement permet aux porteurs de projets de mieux appréhender des problématiques complexes liées à aux questions foncières et à leur opérationnalité et de sécuriser leur occupation immobilière et leurs démarches.. Il répond à un besoin essentiel identifié par les participant.es : permettre aux lieux de ne pas rester seuls face à des enjeux qui dépassent souvent les compétences internes

La circulation de cette expertise au sein du réseau constitue ainsi un enjeu clé pour la coopérative. Encore peu nombreux à disposer de cette expérience, les lieux engagés dans des démarches de transformation foncière et immobilière contribuent progressivement à construire des ressources communes, utiles à l’ensemble du secteur. Le projet déposé dans le cadre de l’AMI Seine Scène Circulaire (SSC) de l’ADEME, coordonné par Les Nouvelles Coordonnées, s’inscrit dans cette dynamique. Il vise à structurer, à l’échelle de la Vallée de la Seine, un réseau interrégional d’acteurs engagés dans la transformation écologique de leurs infrastructures. La Main pourrait y contribuer en apportant son expertise sur les enjeux liés aux bâtiments, participant ainsi à la structuration d’une communauté d’usage et au développement d’un catalogue partagé de compétences autour de la transition écologique des lieux culturels. Chaque nouvelle expérience vient ainsi enrichir les savoirs collectifs et renforcer la capacité d’action des acteurs culturels face aux défis fonciers, immobiliers et environnementaux.

Au-delà des seuls enjeux fonciers, les échanges ont ainsi rappelé que les besoins d’accompagnement exprimés par les lieux relèvent d’une question plus globale : celle de leur capacité à renforcer leur autonomie et à faire face aux transformations qu’ils traversent. Par son accompagnement, La Main contribue à apporter une expertise permettant aux équipes de structurer leurs démarches et de renforcer leur capacité d’action dans la durée.

Porter un plaidoyer collectif

Enfin, les adhérent.es ont identifié le plaidoyer comme un levier d’impact majeur pour La Main. Face à la difficulté des lieux culturels à s’inscrire dans la durée et dans un contexte de fragilisation de l’engagement public en faveur de la culture, la coopérative a un rôle important à jouer pour faire reconnaître le foncier culturel comme un enjeu politique à part entière.

En effet, les lieux accompagnés par La Main sont des espaces où se construisent des pratiques collectives, des solidarités, des récits et des formes d’émancipation. Leur pérennité pose une question centrale : comment préserver des espaces dont la valeur dépasse largement leur seule valeur marchande ? Porter cette vision implique de continuer à sensibiliser les acteurs publics, à contribuer aux réflexions sur les politiques foncières et culturelles et à défendre des modèles permettant aux lieux de rester ouverts et accessibles.

Les échanges ont également fait émerger l’idée de renforcer les alliances avec d’autres mouvements et réseaux confrontés à des enjeux proches, notamment autour de la pression foncière, du logement social ou de l’accès aux espaces communs, afin de faire converger les luttes et de porter une voix collective et forte.

Une feuille de route fondée sur l’articulation des différentes missions de La Main 

Merci à toutes celles et ceux qui ont participé à cette journée de réflexion et contribuent, chaque jour, à faire vivre la coopérative et ses différents projets. Si ce moment collectif a confirmé le fait que la force de la coopérative repose sur son intelligence collective, les échanges ont également mis en lumière l’importance de continuer à développer des outils, des ressources et des méthodes pour accompagner l’autonomie de chaque lieu sur les questions foncières.

Les échanges du 17 juin ont permis de faire émerger une représentation commune de notre feuille de route. À travers les cinq doigts de La Main, ils donnent à voir les cinq missions qui structurent notre action et montrent comment elles s’articulent pour renforcer l’autonomie des lieux, faire circuler les savoirs et porter une vision politique du foncier culturel. Nous vous invitons à en découvrir le détail ci-dessous.

Les cinq doigts de La Main représentent les cinq missions qui structurent notre action autour des questions foncières et de sécurisation d’occupation des lieux : l’acquisition, l’accompagnement des lieux, la recherche-action, le développement de ressources et d’outils, ainsi que la sensibilisation, l’animation et la formation.

Ces missions ne fonctionnent pas les unes à côté des autres, mais s’alimentent mutuellement. Les acquisitions foncières, menées notamment autour du TWIST et des Lilas, permettent à La Main de développer une expertise de terrain qui nourrit l’accompagnement des lieux. Cet accompagnement aide les porteurs de projets à sortir de l’isolement et à renforcer leur capacité d’action. La recherche-action transforme ensuite ces expériences en connaissances partagées, tandis que le centre de ressources et les outils permettent de les mettre en commun, de les transmettre et de les diffuser. Enfin, la sensibilisation, l’animation et la formation contribuent à faire évoluer les politiques publiques, les pratiques professionnelles et nos façons d’entreprendre.

C’est en articulant ces cinq missions que La Main construit son action et renforce son impact.

Sur les mêmes sujets